Bar. Les apnéistes privés de leur poisson roi

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Si les plaisanciers sont frappés de plein fouet par l’interdiction de la pêche au bar au-dessus du 48e parallèle (au nord du Raz de Sein), que dire des chasseurs sous-marins, complètement mis sur la touche !
Les pêcheurs à la ligne peuvent capturer le bar mais ne sont plus autorisés, au nord du 48e parallèle, à garder leur poisson (notre édition de vendredi). Depuis le 1e r janvier, ils sont dans l’obligation de remettre à l’eau leur bar (no kill). Autant dire que c’est mission impossible pour les apnéistes qui se servent d’un fusil sous-marin ou d’une arbalète. La chasse sous-marine se retrouve de fait la plus impactée par cette décision émanant de l’Union européenne. Un comble pour une des pratiques de pêche la moins impactante pour le milieu (sélectivité des proies, technique utilisée, absence de carburant brûlé pour ceux qui partent de la côte…).

« Impossible à justifier »
Pas étonnant que la décision ait vraiment du mal à passer auprès des pratiquants et des professionnels de la plongée, à l’image du magasin Scu
baland au port de commerce brestois, l’une des enseignes-phare de la plongée sous-marine en France. « Le bar, c’est le poisson emblématique de la chasse sous-marine, celui qui constitue l’intérêt de ce sport », décrypte le responsable de Scubaland, Dominique Soriot. « On le chasse dans quelques mètres de profondeur, sans impacter le milieu, sans dégrader les stocks côtiers, au regard des milliers de tonnes qui sont actuellement prélevés dans les zones de frayères du large par les bateaux usines ».

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« Il s’agit d’une décision impossible à justifier, une mise sur la touche des chasseurs sous-marins qui pratiquent la pêche la plus éco-responsable qu’il soit », ajoute Jean-Marie Salaün, salarié de Scubaland. « Au final, la pratique la moins impactante se retrouve aujourd’hui la plus pénalisée », regrette l’expérimenté Geoffrey Geyer, un des meilleurs chasseurs sous-marins français, également employé à Scubaland.

« Tradition finistérienne »
« Ramener son poisson, c’est partager sa pêche, c’est passer un bon moment en famille ou entre amis, une fois sorti de l’eau. C’est la tradition finistérienne », ajoute Jean-Marie Salaün. « Combien de nos clients pratiquent la chasse sous-marine essentiellement pour aller cueillir des araignées et titiller le bar ? Le risque : certains vont se rabattre vers d’autres espèces comme le lieu, évoluant à des profondeurs plus importantes, même s’ils n’ont pas le niveau ». « Et pas sûr que la pêche industrielle génère autant d’emplois que la pêche de loisir en France », souligne Geoffrey Geyer, qui regrette le manque d’impact des plaisanciers pourtant nombreux.

« Il faut absolument unifier les forces de la pêche de plaisance face à la pêche de masse. Ça en prend heureusement le chemin sur les réseaux sociaux (Bonnets bleus, Quota zéro…) ». « Et ce n’est malheureusement pas ce genre de décision qui va redorer le blason de l’Europe, à l’image déjà malmenée dans notre pays », termine le gérant de Scubaland, qui ne trouve aucune justification à cette interdiction pure et simple de pratique pour des apnéistes respectueux de leur milieu.

EN COMPLÉMENT
Braconniers à leur corps défendant ?
Quelle sera l’attitude des chasseurs sous-marins ? Se plieront-ils à la règle ? Deviendront-ils des braconniers à leur corps défendant ? On connaît leur soif de liberté et leur côté souvent frondeur. D’ailleurs, verbalisera-t-on pour un unique bar ramené dans sa musette ? Engorgera-t-on les tribunaux pour ces poissons pêchés et non rejetés à l’eau ? Pas sûr que les équipes de terrain des affaires maritimes et de la gendarmerie aient le temps ni les moyens de faire respecter cette nouvelle réglementation.

Repos pour tous
« Pourquoi ne pas défendre, à titre expérimental, un repos total de l’espèce durant une période hivernale, celle qui correspond à la reproduction ? Une interdiction de pêche pour tout le monde qui serait largement mieux acceptée », ajoute Jérémy Uzel, lui-même pratiquant. « Cela éviterait déjà de commercialiser du bar d’hiver à vil prix et à la chair peu goûtée sur les étals des supermarchés », déplore Geoffrey Geyer. Et si la balle était dans le camp des consommateurs, pas obligés d’acheter ces poissons prélevés en masse sur leurs lieux de reproduction ?

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Fabrice

Fabrice, passionné de chasse sous-marine, je partage sur mon blog des conseils, des techniques et des informations sur le matériel de chasse sous-marine.

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